Celles que tu n'auras jamais




Les femmes, c'est si facile. Leur sexe dilaté par l'épais pénis besogneux. Un point c'est tout ; couchées/écrasées sous le poids haletant et les bras maintenus par la poigne des mains libres. Des vidéos vite produites mettent en scène ad nauseum cette fonction de salopes qui aiment ça - et n'attendent, fébriles, que l'intrusion. Floods ne laissant nul ignorance crasse s'installer et zooms impératifs pour se gargariser de dilatations d'anus ou vagins par deux doigts accolés. Et les solitaires empoissent de foutre les draps et le bas de l'abdomen, remerciant l'explicite cathodique - préférant au froid du rien cet empuantissement progressif des mansardes et meublés aux volets toujours clos.

Pas de ce ridicule lorsqu'il faut articuler les mots exilés, tenter d'imposer son pauvre sourire et sa fade gueule, cette danse macabre, réglée - mais inconnue dans ses moments - face à ces monstres qu'il faudrait fuir, mais qu'un instinct mal luné t'oblige à côtoyer sans espoir. Et cette crasse qu'il faut exsuder - dans la honte et les suées contenues.

La tendresse - foi dérisoire du bossu, de l'infirme, courage ordinaire face aux lames des sourires si peu voilés. Fort heureusement, le regard ne se pose que par erreur sur ton corps malgracieux, déformé de ne pas savoir. Et cette si gracieuse voisine, que d'ordinaire tu espionnes du judas, continue sa descente tandis que tu respires enfin, même si les morsures s'installent et métastasent depuis la trachée vers le diaphragme.

Abandonné à la masturbation et aux affalements sur l'étroit lit défoncé, tu vas compter les heures, les minutes, puis prier pour la venue du sommeil - et ses images saccadées de fesses offertes.

Ne rêve pas à l'amour - et quoi d'autre encore ? - ; il est réservé aux petits dieux qui plastronnent où que tu ailles - et ta haine impuissante se fige en masse peu à peu.

Vit ta vie. Vit la éteinte. Vit la reptation des battus, la sourde et risible résignation des mal fagotés, mal foutus, mal préparés, mal nés. Reste seul ; rumine ta bile et tes envies dépiautées. Les murmures ravis dans la pénombre, les caresses, les corps émerveillés ne te seront jamais accordés. Cache ton visage ; égorge ta voix. Ce dernier courage - que tu n'auras jamais : face lacérée que tu présenterais à cette multitude aux bonheurs aisés pour que ta survie ne soit pas vaine, en devienne indécente ; objet de répulsion et d'opprobre. Quelque chose enfin.

" Je vous aime ". Comment l'envisager ? Laisse tomber. Foutu.



Crever à feu doux



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