Le Loup-Garou
Nous sommes tous des Loups-Garous. C'est ce qu'il ressort d'une étude effectuée par mes soins avec l'aide de l'institut Hypnos pour la partie statistique. La méthode des parallaxes disjonctives en milieu borné (Hilbert suivant l'amendement Bertolli), ainsi que l'utilisation des matricielles analogues de Bienaymé-Tarswinosky m'ont donné l'assise méthodologique qui me permet d'affirmer, sans l'ombre d'un doute, que l'espèce humaine et l'espèce lupine ne forme qu'une ; à savoir ce que le vulgaire nomme Loup-Garou, mais que je préférerais voir s'appeler à l'avenir Homo Lupus Vidalis.
En effet, tout homme, ou tout loup, est susceptible de se transformer en l'espèce "opposée", non pas en fonction de certaines conditions d'un haut romantisme (nuits sans lune ou au contraire illuminées par la pleine lune, etc ...), mais uniquement en activant une fonction mal définie de l'hypothalamus qui déclencherait la métamorphose. Cette dernière ne peut-être activée que si le coefficient de lycanthropie du sujet est supérieur à un certain seuil, mesuré en vlads, ou plutôt en millivlads, par une de ces fantaisies dont la science à le secret. Il est généralement admis qu'il ne peut y avoir transformation (au moins potentielle) que si le nombre de millivlads est supérieur à 500 (le professeur Andreunu de l'université de Carpathie septentrionale monte ce seuil jusqu'à 700, mais ses travaux effectués en milieu essentiellement bolchevik n'ont pas toute la rigueur qu'on serait en droit d'attendre et certaines arrière-pensées idéologiques sont aisément perceptibles).
Or il s'avère que 99.9% des êtres humains ont un niveau de millivlads oscillant entre 30 et 100. Dans ces conditions, on comprend mieux que le Loup-Garou ait longtemps semblé un mythe bon à raconter aux enfants et aux producteurs de films américains. Quant au niveau moyen des loups, nos renseignements sont encore lacunaires, plusieurs (courageux) de nos observateurs n'étant toujours pas revenus de l'hinterland Est-Européen.
On admet (Cf. : K. Myers) que le loup garou de Londres devait posséder un potentiel de 800 millivlads, voire plus. D'autre "célébrités" du même acabit devait atteindre ou dépasser ce chiffre extraordinaire. Il semble aussi qu'un individu pourvu de 1 vlad (1000 millivlads), voire d'une dizaine, ne serait absolument pas viable, puisqu'il ne cesserait de passer d'un état à l'autre, et, ce, jusqu'à épuisement complet. Certains on émis l'hypothèse qu'un tel être aurait la forme permanente d'une masse protoplasmatique en perpétuelle "ébullition", et, bien que sa survie semble des plus aléatoire, pensent que quelques spécimens pourraient encore exister dans des communautés retirées
Evidemment se pose un problème d'ordre quasi-philosophique : si ce que j'affirme est vrai ( et cela est vrai !), cela signifie que ni l'homme, ni le loup n'existent en tant qu'espèces, mais ne sont que des formes particulières que peut prendre le Loup-Garou. Mais après tout qu'est-ce qu'une espèce ? Le résultat d'observations réitérées et concordantes. Mais comme je l'ai dit, étant donné le taux moyen de millivlads d'un individu, nul n'a pu jusqu'à présent entrevoir la vérité, à savoir la permanence du Loup-Garou, et n'a pu qu'entériner la dichotomie homme/loup. Voilà comment se créent les mythes ... On me rétorquera que les 2 (pseudo)espèces diffèrent par leur carte chromosomique : à ceux là, je répondrai que la nature de la métamorphose est encore mal connue et que des modifications d'ordre génétique sont hautement probables. Le loup-garou ne correspond à aucun schéma connu de la théorie de l'évolution ? Je n'en suis pas si sûr : les loups et les hommes, suivant l'orthodoxie des charlatans sont apparus à la même époque ; tout plaide donc pour la très haute ancienneté du Loup-Garou, et pour son évolution (corollaire à celles de ses deux états) aux cours des millénaires.
Pour finir, j'ajouterais que dans nos sociétés industrialisées le taux de millivlads va en s'amenuisant, et qu'il n'est pas impossible que dans un avenir plus ou moins proche, les hommes et les loups soient définitivement dissociés (pas en tant qu'espèces, je le répète, mais en tant qu'états ou que phases).
Pour une première approche (très contestable) de ce sujet, je vous conseillerais de lire l'article de M. Buronfosse, avec certaines précautions étant donné la nature douteuse du personnage.
Maman, j'ai peur !
Début |
Je |
Vrac |
Rien |
Y'a bon ! |
Liens