Le système techno-industriel peut survivre ou s'effondrer. S'il survit, il PEUT éventuellement parvenir à assurer un faible niveau de souffrances mentales et physiques, mais seulement après être passé par une longue et douloureuse période d'ajustements, et après avoir réduit les êtres humains et toutes les créatures vivantes à de simples rouages, des produits calibrés de la machine sociale.
En outre, si le système perdure, les conséquences sont inéluctables : Il n'y a aucun moyen de reformer ou modifier le système de façon à l'empêcher de dépouiller les hommes de leur dignité et de leur autonomie.
Si le système s'effondre, les conséquences seront dramatiques. Mais plus le système se développera, plus désastreux seront les effets de sa destruction, et donc il vaut mieux qu'il s'effondre au plus vite.
Par conséquent, nous préconisons une révolution contre le système industriel. Cette révolution peut user de violence ou pas ; elle peut-être brève et radicale ou s'étaler sur plusieurs décades en tant que processus graduel. Nous ne pouvons le prédire. Mais nous pouvons présenter de manière générale les mesures que ceux qui haïssent la société industrielle devront prendre pour s'engager sur le chemin de la révolution contre cette forme de société. Il ne s'agit pas d'une révolution POLITIQUE. Son objectif n'est pas de se débarrasser des gouvernements, mais de la base techno-économique de la société actuelle.
Dans ce qui va suivre, nous porterons notre attention sur certains aspects négatifs générés par le système techno-industriel. Certains autres aspects ne seront que brièvement abordés, voire ignorés. Cela ne signifie pas que ces autres aspects ne soient pas importants. Pour des raisons pratiques, nous avons restreint nos propos à des domaines qui ne sont pas bien connus du grand public ou pour lesquels nous présentons du neuf. Par exemple, bien que les mouvements écologistes soient bien implantés, nous avons peu écrit à propos de la dégradation de l'environnement et de la destruction de la biosphère, même si nous considérons cela comme de la plus haute importance.
PSYCHOLOGIE DE LA GAUCHE MODERNE
Pratiquement tout le monde s'accorde à reconnaître que nous vivons dans un monde chaotique. Une des manifestations les plus répandues de la folie de notre monde en est le "gauchisme" (leftism) ; une discussion sur le "gauchisme" peut servir d'introduction à une discussion des problèmes de la société moderne en général.
Mais qu'est ce que le "gauchisme" ? Durant la première moitié du 20ème siècle, le "gauchisme" pouvait grosso modo être identifié au socialisme. Aujourd'hui le mouvement est plus diffus, et il est plus difficile de discerner ce qu'est un "gauchiste". Quand nous parlons de "gauchistes" dans ce texte, nous pensons principalement aux socialistes, collectivistes, adeptes du "politiquement correct", féministes, homosexuels, défenseurs des droits des animaux et ainsi de suite. Mais tous ceux qui sont affiliés à ces mouvements ne sont pas nécessairement des "gauchistes". Nous allons essayer de montrer que le "gauchisme" n'est pas tant un mouvement ou une idéologie que la manifestation d'un type psychologique, ou plutôt de différents types. Ainsi, ce que nous appelons "gauchisme" apparaîtra plus clairement au cours de notre exposé sur la psychologie "gauchiste" (voir aussi paragraphes 227-230).
Même ainsi, notre conception du "gauchisme" apparaîtra bien moins claire que nous ne l'aurions souhaité, mais il ne semble pas qu'il puisse en être autrement. Tout ce que nous allons tenter de faire sera d'exposer en gros et approximativement les deux tendances psychologiques que nous croyons être les lignes de force principales du "gauchisme" moderne. Nous n'avons pas la prétention d'expliquer tout ce qui fait la psychologie "gauchiste". Ainsi nous nous limiterons seulement au "gauchisme" moderne. Nous laisserons de côté ce qui pourrait s'appliquer aux "gauchistes" du 19ème et du début du 20ème siècle.
Les deux tendances psychologiques qui sous tendent le "gauchisme" moderne sont le "sentiment d'infériorité" et la "sur-socialisation". Le "sentiment d'infériorité" s'applique au "gauchisme" moderne dans son ensemble, tandis que la "sur-socialisation" se s'applique qu'à une partie du "gauchisme" moderne, mais cette partie est la plus influente.
LE SENTIMENT D'INFERIORITE
Par "sentiment d'infériorité" nous ne pensons pas seulement au sentiment d'infériorité dans le sens strict du terme, mais à tout un faisceau de traits apparentés : faible estime de soi, sentiment de faiblesse, tendances dépressives, défaitisme, culpabilité, haine de soi, etc ... Nous prétendons que les "gauchistes" modernes sont habités par ces sentiments (plus ou moins marqués) et que ces sentiments sont fondamentaux pour la détermination du "gauchisme" moderne.
. Quand quelqu'un prend comme une offense personnelle pratiquement tout ce qui peut être dit à propos de lui (ou des groupes auxquels il s'identifie), nous en concluons qu'il souffre d'un sentiment d'infériorité ou d'une faible estime de soi. Cette tendance est prononcée chez les défenseurs des droits des minorités, qu'ils appartiennent ou non aux dites minorités. Ils sont hypersensibles quant aux mots utilisés pour désigner ces minorités. Les termes "noir", "jaune", "handicapé" ou "nana" pour un africain, un asiatique, une personne souffrant de troubles invalidants, ou une femme n'ont pas à l'origine une connotation péjorative. "Gonzesse" et "nana" sont simplement les équivalents féminins de "mec", "type" ou "gars". Les connotations péjoratives ont été attachées à ces termes par les activistes eux-mêmes. Certains défenseurs des animaux vont jusqu'à rejeter le vocable de pet (pas d'équivalent français = animal de compagnie) pour celui d'"animal de compagnie". Les anthropologues "gauchistes" font de grands efforts pour essayer de dissimuler ce qui pourrait être interprété comme négatif chez les peuplades primitives. Ils voudraient remplacer le terme "primitif" par "nonliterate" (qui ne sont pas parvenus au stade de l'écriture). On arrive à une attitude paranoïaque envers tout ce qui pourrait suggérer qu'une culture primitive puisse être inférieure à la notre (nous ne voulons pas dire que les cultures primitives SONT inférieures à la notre. Nous voulons simplement montrer l'hypersensibilité des anthropologues "gauchistes".)
Ceux qui sont le plus sensible au "politiquement correct" ne sont pas des habitants des ghettos noirs, ni des immigrants asiatiques, des femmes battues ou des handicapés, mais une minorité d'activistes, la plupart d'entre eux ne venant d'aucun des groupes "opprimés", mais bien plutôt des couches privilégiées de la société. La forteresse du "politiquement correct" abrite essentiellement des professeurs d'université, qui ont la sécurité de l'emploi avec de confortables salaires, et la majorité d'entre eux sont des blancs hétérosexuels de la classe moyenne.
Beaucoup de "gauchistes" s'identifient avec les groupes qui ont une image d'êtres faibles (femmes), de vaincus (amérindiens), de victimes d'ostracisme (homosexuels) ou de toute forme d'infériorité en général. Les "gauchistes" ont eux-mêmes le sentiment que ces groupes sont inférieurs. Ils ne se l'admettront jamais, mais c'est précisément parce qu'ils ressentent ces groupes comme inférieurs qu'ils s'identifient à leurs problèmes (Nous ne voulons pas dire que les femmes, les indiens, etc ... SONT inférieurs ; nous élucidons la psychologie "gauchiste" quant à ce point).
Les féministes sont obsédées par l'idée de prouver que les femmes sont aussi fortes et aussi capables que les hommes. Il est évident qu'elles sont angoissées par le fait qu'une femme puisse ne PAS être aussi forte et aussi capable qu'un homme.
Les "gauchistes" ont tendance à haïr tous ceux qui donnent une image de personnes fortes, bonnes et qui réussissent. Ils haïssent les USA, la civilisation occidentale, ils haïssent les hommes blancs, ils haïssent le rationalisme. Les raisons qu'invoquent les "gauchistes" pour haïr l'occident, etc ... ne correspondent évidemment pas avec leur motivations réelles. Ils DISENT qu'ils haïssent l'occident car il est belligène, impérialiste, sexiste, ethnocentrique, et ainsi de suite, mais lorsque ces même tares apparaissent dans les pays socialistes ou dans les cultures primitives, les "gauchistes" leur trouvent des excuses, ou au mieux admettent A CONTRE COEUR qu'elles existent ; alors qu'ils soulignent AVEC ENTHOUSIASME ces mêmes tares dans la civilisation occidentale. Ainsi, il est clair que ces tares ne sont pas le motif réel des "gauchistes" pour haïr les USA et l'occident. Ils haïssent les USA et l'occident parce qu'ils sont forts et puissants.
Des termes tels que "confiance en soi", "initiative", "entreprise", "optimisme", etc ... jouent peu de rôle dans le vocabulaire libéral et "gauchiste". Le "gauchiste" est anti-individualiste, pro-collectiviste. Il veut que la société règle les problèmes de tout un chacun et prenne soin de lui. Il n'a a pas l'esprit d'une personne ayant une profonde confiance en elle-même, dans sa capacité à résoudre ses problèmes et à satisfaire ses besoins. Le "gauchiste" est opposé au concept de compétition car au fond de lui, il a une mentalité de perdant.
Les formes d'art qui séduisent les intellectuels "gauchistes" modernes se polarisent sur le sordide, l'échec et le désespoir, ou bien se complaisent dans un mode orgiaque, rejetant le rationalisme comme s'il n'y avait aucun espoir d'accomplir quelque chose grâce à la pensée rationnelle, et que tout ce qui restait était de se plonger dans les sensations du moment.
Les philosophes "gauchistes" modernes ont tendance à repousser raison, science, réalité objective et à préférer le relativisme culturel. Il est vrai que l'on peut se poser de sérieuses questions sur les fondements du savoir scientifique, et comment, finalement, le concept de réalité objective peut être défini. Mais il est évident que les philosophes "gauchistes" modernes ne sont pas simplement de froids logiciens analysant systématiquement les fondements du savoir. Ils sont profondément impliqués au niveau émotionnel dans leur attaques contre la vérité et la réalité. Ils attaquent ces concepts en fonction de leurs besoins psychologiques. D'une part leur attaque canalise leur hostilité, et, pour autant qu'elle soit accomplie avec succès, elle satisfait le besoin de pouvoir. Plus important, les "gauchistes" haïssent les sciences et le rationalisme car ces derniers classifient certaines attitudes mentales comme bonnes (i.e : le succès, la supériorité) et d'autres comme mauvaises (i.e : l'échec, l'infériorité). Le sentiment d'infériorité du "gauchiste" est tel qu'il ne peut supporter cette classification entre supérieur et inférieur. Ceci sous-tend le rejet de nombreux "gauchistes" du concept de maladie mentale et de l'utilité des tests QI. Les "gauchistes" sont opposés aux thèses génétiques sur les capacités et comportements humains du fait que ces théories font apparaître certaines personnes comme supérieures et d'autres comme inférieures. Les "gauchistes" préfèrent laisser la responsabilité à la société de la capacité ou de l'incapacité d'un individu. Ainsi, si une personne est "inférieure", ce n'est pas de sa faute, mais celle de la société qui ne lui a pas permis de se réaliser.
Typiquement, le "gauchiste" n'est pas le genre de personne dont le sentiment d'infériorité fera de lui un vantard, un égotiste, une brute, un mégalomane ou un compétiteur impitoyable. Ce genre de personnes n'ont pas tout à fait perdu confiance en elles-mêmes. Elles estiment mal leur propre valeur et leur pouvoir, mais ont encore la capacité de se concevoir comme fortes, et leurs efforts pour arriver à ce résultat explique leur comportement déplaisant.[1] Mais le "gauchiste" est bien au delà de tout cela. Son sentiment d'infériorité est tel qu'il lui est impossible de s'imaginer comme quelqu'un de fort et de valable. Ce qui explique le collectivisme du "gauchiste". Il ne peut se sentir fort que comme membre d'une grande organisation ou d'un mouvement de masse avec lequel il puisse s'identifier.
Remarquons les tendances masochistes des tactiques "gauchistes". Les "gauchistes" protestent en s'allongeant devant des véhicules, ils provoquent intentionnellement la police ou les racistes pour qu'ils les agressent, etc ... Ces tactiques peuvent parfois obtenir des résultats, mais beaucoup de "gauchistes" ne les utilisent pas comme des moyens correspondant à une fin, mais parce qu'ils PREFERENT les tactiques masochistes. La haine de soi est une caractéristique "gauchiste".
Les "gauchistes" peuvent bien clamer que leur activisme est motivé par la compassion ou un principe moral (et le principe moral ne joue aucun rôle pour les "gauchistes" du type "sur-socialisés"). Mais la compassion et la morale ne peuvent être les motivations principales de l'activisme "gauchiste". L'hostilité est une composante bien trop importante de la mentalité "gauchiste" ; c'est en fait elle qui mène la barque. De surcroît, le comportement de beaucoup de "gauchistes" n'est pas rationnel quand il s'agit d'agir de façon bénéfique envers les personnes auxquelles ils disent venir en aide. Par exemple, si l'on estime que l'affirmative action est bonne pour les noirs, est-ce que cela a un sens de la faire dans des termes hostiles ou dogmatiques ? Il est évident qu'il serait plus rentable d'avoir une approche plus diplomatique et plus conciliatrice, en faisant au moins des concessions verbales ou symboliques aux blancs qui pensent que l'affirmative action est discriminatoire pour eux. Mais les "gauchistes" n'ont pas ce genre d'approche car elle ne satisferait pas leurs penchants psychologiques. L'aide aux noirs n'est pas leur véritable but. En fait, le problème racial est une excuse pour exprimer leur propre hostilité et leur besoin frustré de pouvoir. Ce faisant, ils vont à l'encontre des aspirations des noirs, car leur attitude hostile envers la majorité blanche a tendance à intensifier la haine raciale.
Si notre société n'avait pas le moindre problème, les "gauchistes" INVENTERAIENT des problèmes pour justifier leur agitation.
Il est évident que ce qui précède ne prétend pas être un description précise de quiconque peut-être considéré comme un "gauchiste". Il ne s'agit que d'une indication générale des tendances du "gauchisme".
SUR-SOCIALISATION
Les psychologues utilisent le terme de "socialisation" pour désigner le processus par lequel les enfants apprennent à agir et à penser en fonction des demandes de la société. Une personne est dite bien socialisée si elle croit et obéit au code moral de cette société et s'y insère. Cela semble ne pas tomber sous le sens de dire que beaucoup de "gauchistes" sont sur-socialisés du fait qu'ils sont perçus comme des rebelles. En fait cette proposition est tout à fait défendable. De nombreux "gauchistes" ne sont pas les rebelles qu'ils semblent être.
Le code moral de notre société est tellement astreignant que personne ne peut penser, sentir et agir de manière totalement morale. Par exemple, nous sommes censés ne haïr personne, bien que tout le monde ait haït quelqu'un à un moment ou à un autre, que ce fait soit admit ou non. Certaines personnes sont tellement socialisées que le devoir de penser, sentir et agir de manière morale leur impose un pénible fardeau. Pour éviter des sentiments de culpabilité, elles doivent sans cesse se leurrer quant à leurs motivations et trouver des explications morales pour des sentiments et actions qui, en réalité, n'ont pas d'origine morale. Nous utilisons le terme de "sur-socialisés" pour désigner de pareilles personnes.[2] La sur-socialisation conduit à une piètre estime de soi, un sentiment de faiblesse, de défaitisme, de culpabilité, etc ... Un des moyens les plus importants par lequel notre société socialise les enfants est de leur faire honte lorsque leurs comportements ou discours est contraire à ce que cette société attend d'eux. S'il y a exagération dans ce sens, ou si un enfant est particulièrement réceptif à ce genre de sentiments, il finit par être honteux de LUI-MEME. La pensée et le comportement d'une personne sur-socialisée sont bien plus aliénées que celles d'une autre modérément socialisée. La majorité des gens possèdent de larges franges de comportements antisociaux. Ils mentent, commettent de menus larcins, enfreignent le code de la route, tirent au flanc, haïssent, cancanent, ou utilisent des moyens déloyaux pour arriver à leurs fins. Une personne sur-socialisée ne peut pas faire ce genre de choses, ou si elle le fait, cela provoque un sentiment de honte et de haine de soi. La personne sur-socialisée ne peut même pas avoir une expérience, sans culpabilité, de pensées ou sentiments qui soient contraires à la morale en place ; elle ne peut avoir de "mauvaises" pensées. Et la socialisation n'est pas juste une question de morale ; nous sommes socialisés pour nous adapter à de nombreuses normes qui n'ont rien à voir avec la morale proprement dite. Ainsi, la personne sur-socialisée est maintenue en laisse et sa vie avance sur les rails que la société a construit pour elle. Pour beaucoup de personnes sur-socialisées, cela se traduit par un sentiment de contrainte et de faiblesse qui peut être un terrible handicap. Nous affirmons que la sur-socialisation est parmi les pires choses qu'un être humain peut infliger à un autre.
Nous pensons qu'une très grande et très influente partie de la gauche moderne est sur-socialisée et que cette sur-socialisation est d'une grande importance dans la constitution du "gauchisme" moderne. Les "gauchistes" sur-socialisés sont en général des intellectuels ou des membres de la classe moyenne supérieure. Notons que les universitaires [3] constituent la portion la plus sur-socialisée de notre société, ainsi que la plus à gauche.
Le "gauchiste" sur-socialisé essaie de se débarrasser de sa laisse mentale et affirme son autonomie en se rebellant. Mais il n'est pas généralement assez fort pour se rebeller contre les plus élémentaires valeurs de la société. En fait, les buts des "gauchistes" actuels n'entrent PAS en conflit avec la morale courante. Au contraire, la gauche s'approprie un principe moral reconnu, l'adopte comme étant le sien, puis accuse le gros de la société de violer le dit principe. Par exemple : égalité des races, des sexes, aide aux pauvres, pacifisme, non violence en général, liberté d'expression, bonté envers les animaux. Plus fondamentalement, les devoirs des individus envers la société, et ceux de la société vis à vis des individus. Tout ces valeurs sont profondément enracinées dans notre société (ou au moins dans les couches sociales supérieures [4]) depuis longtemps. Ces valeurs sont explicitement ou implicitement formulées par les mass-média ou le système éducatif. Les "gauchistes", surtout sur-socialisés, ne se rebellent pas contre ces valeurs mais justifient leur hostilité à la société en prétendant (avec une certaine raison) que la dite société vit en contradiction avec ces valeurs.
Voici une illustration qui montre combien les "gauchistes" sur-socialisés sont attachés aux attitudes conventionnelles de notre société tout en prétendant se rebeller contre elle. Beaucoup de "gauchistes" se remue pour l'affirmative action, pour promouvoir les noirs à des métiers gratifiants, pour améliorer le niveau dans les écoles noires, ainsi qu'une augmentation du budget pour ces écoles ; pour eux la "sous-vie" des noirs est une tare sociale. Ils veulent intégrer les noirs dans le système, en faire des hommes d'affaire, des juristes, des scientifiques, comme c'est le cas des blancs des classes aisées. Les "gauchistes" répondront que la dernière chose qu'ils veulent est de faire d'un noir une copie d'un blanc ; En fait, ils veulent préserver la culture afro-américaine. Mais en quoi consiste cette préservation ? Cela se résume à manger de la cuisine noire, écouter de la musique noire, se vêtir de vêtements pour noirs, et aller dans des églises noires ou dans des mosquées. Sur le fond, il ne s'agit que de quelque chose de totalement superficiel. Sur L'ESSENTIEL, les "gauchistes" sur-socialisés veulent rendre le noir conforme aux idéaux blancs de la classe moyenne. Ils veulent que ce dernier étudie des matières scientifiques, devienne un cadre ou un scientifique, passe sa vie à grimper les échelons pour prouver que les noirs valent les blancs. Ils veulent que les pères noirs soient "responsables", que les gangs deviennent non-violents, etc ... Mais ce sont exactement les valeurs du système techno-industriel. Le système se moque de savoir ce que vous écoutez comme musique, ce avec quoi vous vous habillez, la religion en laquelle vous croyez, tant que vous étudiez à l'école, dégottiez un travail respectable, soyez un parent "responsable", un individu non-violent, et ainsi de suite. En effet, quoi que puissent être ses dénégations, le "gauchiste" sur-socialisé veut intégrer le noir dans le système et lui en faire adopter les valeurs.
Nous ne prétendrons certainement pas que les "gauchistes", même "sur-socialisés", ne se rebellent JAMAIS contre les valeurs fondamentales de notre société. Bien sur, il arrive qu'ils le fassent. Certains gauchistes sur-socialisés sont allés si loin dans la rébellion contre notre société moderne qu'ils se sont engagés dans l'action violente. Selon leurs propres dires, la violence est pour eux une forme de "libération". En d'autres termes, en devenant violents, ils brisent les contraintes morales qu'ils ont en eux. Du fait de leur sur-socialisation, ces contraintes sont plus enfouies chez eux ; d'où le besoin impérieux de s'en défaire. Mais ils justifient ordinairement leur rébellion au nom de valeurs reconnues. S'ils s'engagent dans l'action violente, ils affirmeront qu'ils combattent le racisme ou quelque chose du même acabit.
Nous sommes conscients que de nombreuses objections peuvent être émises contre l'exposé rapide qui précède concernant la psychologie "gauchiste". La situation réelle est complexe, et une description exhaustive prendrait plusieurs volumes quant bien même toute la documentation serait disponible. Nous affirmons simplement avoir donné des pistes concernant les deux principales tendances de la psychologie du "gauchisme" moderne.
Les problèmes du "gauchisme" sont ceux de notre société dans son ensemble. Faible estime de soi, tendances dépressives et défaitisme ne sont pas l'apanage de la gauche. Bien qu'ils soient particulièrement prononcés dans les rangs de la gauche, ils sont omniprésent dans notre société. Et la société actuelle essaie de nous socialiser à un degré jamais atteint par les sociétés précédentes. Nous sommes même conseillés par des experts pour manger, pour nous maintenir en forme, pour faire l'amour, pour élever nos enfants et ainsi de suite.
LE PROCESSUS DE POUVOIR
Les êtres humains ont un besoin (probablement d'ordre biologique) pour quelque chose que nous appellerons le "processus de pouvoir". Il est apparenté au besoin de pouvoir (qui est bien connu) mais qui n'est pas exactement la même chose. le processus de pouvoir comprend 4 éléments. Parmi les 3 les plus facilement identifiables, nous citerons le but, l'effort et la réalisation du but (tout le monde a besoin de buts dont la réalisation demande des efforts et a besoin de réaliser au moins quelques uns de ces buts). Le quatrième élément est plus difficile à définir et n'est pas nécessaire à tout le monde. Nous appellerons l'autonomie et nous en discuterons plus loin (paragraphes 42-44).
Prenons comme hypothèse le cas d'un homme qui obtiendrait tout ce qu'il veut simplement en le désirant. Cet homme a du pouvoir, mais il va aussi avoir de sérieux problèmes psychologiques. Au début, cela l'amusera beaucoup, mais au fur et à mesure, il finira par s'ennuyer et par être démoralisé. Eventuellement, il peut devenir dépressif, au sens clinique du terme. L'histoire nous montre que les aristocraties sybarites ont fini par devenir décadentes. Ce n'est pas vrai pour les aristocraties combatives qui avaient à se battre pour conserver leur pouvoir. Mais les aristocraties indolentes et bien installées qui n'avaient pas besoin de défendre leurs prérogatives sont souvent devenues blasées, hédonistes, et démoralisées, quant bien même elles détenaient le pouvoir. Ceci montre que le pouvoir n'est pas tout. On doit avoir des buts permettant d'exercer ce pouvoir.
Tout le monde a des buts ; au moins acquérir le minimum vital : nourriture, eau, de quoi se vêtir et s'abriter. Mais l'aristocratie désoeuvrée obtient tout cela sans effort. D'où son ennui et sa démoralisation.
L'échec à réaliser des buts importants amène à la mort s'ils concernent des besoins vitaux, et à la frustration s'ils ne mettent pas en danger la vie du sujet. Des échecs graves pour parvenir aux buts d'une vie conduisent au défaitisme, à la faible estime de soi, et à la dépression.
Ainsi, pour éviter de graves problèmes psychologiques, un être humain a besoin de buts qui nécessitent un effort, et il doit avoir une chance raisonnable d'aboutir à ses fins.
ACTIVITES COMPENSATRICES
Mais toutes les aristocraties désoeuvrées ne succombent pas à l'ennui et à la démoralisation. Par exemple, l'empereur Hirohito, au lieu de sombrer dans un hédonisme décadent, s'occupa de biologie marine, domaine dans lequel il devint un expert. Quand les gens n'ont pas à se débrouiller pour satisfaire leurs besoins primaires, ils se créent des buts artificiels. Dans la majorité des cas, ils poursuivent ces buts avec la même énergie et le même enthousiasme que s'il s'agissait d'assouvir un besoin naturel. Ainsi, les aristocrates de l'empire romain avaient des prétentions littéraires ; de nombreux nobles européens d' il y a quelques siècles dépensaient un temps et une énergie folle à la chasse, bien qu'ils n'aient eu nul besoin de la viande; d'autres sont entrés en compétition pour leur rang par un étalage de richesses ; et quelques uns, comme Hirohito, se sont tournés vers la science.
Nous avons utilisé le terme de "activités compensatrices" pour désigner une activité dirigée vers un but artificiel qu'une personne s'est inventé pour simplement avoir quelque chose vers lequel tendre et oeuvrer, ou selon ses dires pour la satisfaction personnelle qu'elle tire de cette activité. Ceci est une règle d'or pour identifier une activité compensatrice. En présence d'une personne qui passe le plus clair de son temps à la poursuite d'un but X, demandez vous : si elle employait tout son temps et son énergie à satisfaire des besoins vitaux, et si cet effort nécessitait de sa part l'emploi de toutes ses facultés intellectuelles ou physiques de manière variée et intéressante, serait-elle vraiment frustrée de ne pouvoir atteindre le but X ? Si la réponse est non, alors cette personne s'adonne à une activité compensatrice. Les études de Hirohito sur la biologie marine constituent clairement une activité compensatrice, puisqu'il est presque certain que s'il avait eu à occuper son temps à d'intéressantes activités non-scientifiques pour assurer sa subsistance, il n'aurait pas été frustré de ne pas tout connaître de l'anatomie et de la vie des animaux marins. D'un autre côté, la recherche d'amour ou de sexe (par exemple) n'est pas une activité compensatrice, car la majorité des gens, même si leur existence est par ailleurs satisfaisante, seraient extrêmement frustrés s'il n'avaient de leur vie aucune relation avec un membre du sexe opposé (toutefois, une frénésie de sexe peut-être considérée comme une activité compensatrice).
Dans la société industrielle moderne, un effort minimal est nécessaire pour subvenir aux besoins vitaux. Il suffit de suivre un programme approprié pour acquérir une minable compétence technique, puis d'aller travailler et de déployer un effort des plus modestes pour conserver le job. Les seules qualités requises sont une intelligence raisonnable, et surtout de L'OBEISSANCE. Si vous possédez tout cela, la société prendra soin de vous du berceau jusqu'à la tombe (bien entendu, il y a une "sous-classe" sociale qui ne peut tenir la satisfaction des besoins primordiaux comme acquise, mais nous parlons ici de la majorité de la société). Ainsi il n'est pas surprenant que la société moderne soit pleine d'activités compensatrices. Par exemple : les travaux scientifiques, le sport, les activités humanitaires, la création artistique, grimper les échelons de votre entreprise, acquérir de l'argent et des biens matériels bien au delà du point où cela vous apporte une réelle satisfaction, et l'activisme social quand l'activiste s'occupe de choses qui ne le concernent pas personnellement, comme les activistes blancs préoccupés par les droits des minorités. Il n'y a pas toujours d'activités purement compensatrices, car de nombreuses personnes sont motivés en partie pour des raisons autres que simplement avoir un but à atteindre. Le travail scientifique peut être motivé par un besoin de prestige, la création artistique pour exprimer ses sentiments, le militantisme social par hostilité. Néanmoins, en général, ces activités sont essentiellement compensatrices. Par exemple, la majorité des scientifique admettra probablement que la satisfaction qu'ils retirent de leur travail est plus importante que l'argent ou le prestige.
Pour beaucoup, si ce n'est la majorité des gens, les activités compensatrices sont moins satisfaisantes que la poursuite de buts réels (ce sont des buts que des gens voudrait atteindre même si leur besoin de processus de pouvoir était déjà satisfait). Un bon indicateur de cette tendance en est, que dans la quasi totalité des cas, les gens qui s'adonnent avec acharnement à des activités compensatrices ne sont jamais satisfaits, jamais totalement. Ainsi, le boursicoteur recherche toujours plus et plus d'argent. Le scientifique, à peine un problème résolu, se jette aussitôt sur le suivant. Le coureur de fond s'oblige à courir toujours plus longtemps et plus vite. Beaucoup de gens accaparés par leurs activités compensatrices prétendront qu'il s'épanouissent bien plus avec ces activités qu'avec la triviale nécessité de subvenir à leurs besoins naturels, mais c'est uniquement parce que dans notre société, cette nécessité à été réduite à sa plus simple expression. Plus grave, dans notre société, les gens ne satisfont pas leurs besoins vitaux de façon AUTONOME, mais en se comportant comme des rouages d'une énorme machine sociale. Par contre, les gens ont un grand besoin d'autonomie pour accomplir leurs activités compensatrices.
L'AUTONOMIE
l'autonomie comme partie du processus de pouvoir peut ne pas être nécessaire à tous les individus. Mais la plupart des gens ont besoin d'un degré plus ou moins grand d'autonomie pour parvenir à leur fins. Leurs efforts doivent être entrepris de leur propre initiative et conduit sous leur direction et leur contrôle. Déjà, la majorité des gens ne s'occupent pas seuls de cette initiative, de ce contrôle et de cette direction. Il suffit d'ordinaire d'agir comme membre d'un PETIT groupe. Ainsi, si une demi douzaine de personnes discutent d'un but entre eux et font un effort commun pour l'obtenir, leur besoin de processus de pouvoir sera satisfait. Mais si ils travaillent sous la tutelle d'un encadrement rigide s'exerçant de haut en bas et ne laissant aucune place à la décision autonome et à l'initiative, alors leur besoin ne sera pas satisfait. Il en est de même quand les décisions sont prises quand le groupe est si gros que le rôle de chaque individu est insignifiant.[5]
Il est vrai que certains individus ne semblent avoir qu'un faible besoin d'autonomie. Soit leur besoin de pouvoir est faible, soit ils se satisfont en s'identifiant à la puissante organisation à laquelle ils appartiennent. Et, de ce fait, ils sont décervelés, comme des animaux qui se satisfont d'un sentiment de pouvoir purement physique (le bon soldat content de développer des techniques de combat dans le but d'une obéissance aveugle à ses supérieurs).
Mais pour beaucoup de gens, c'est par le biais du processus de pouvoir - avoir un but, faire un effort AUTONOME et atteindre ce but - que l'estime de soi, la confiance en soi, et un sentiment de pouvoir sont acquis. Quand quelqu'un n'a pas l'occasion de se colleter avec le processus de pouvoir, les conséquences sont (en fonction de l'individu et de la façon dont se disloque le processus de pouvoir) l'ennui, la démoralisation, une faible estime de soi, des sentiments d'infériorité, du défaitisme, de la dépression, de l'anxiété, de la culpabilité, de la frustration, de l'hostilité, des mauvais traitements à la femme ou aux enfants, un hédonisme exagéré, un comportement sexuel anormal, des troubles du sommeil ou de l'appétit, etc ...[6]
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