La révolution, pourquoi faire ?




Vous vous souvenez des années 30. On parlait des 200 familles, des saligauds qui possédaient tout le fric du pays alors que les ouvriers trimaient comme, aujourd'hui, ceux des pays où l'on délocalise. Ce fut une idée forte qui perdura très longtemps.

Puis dans les années 70, dans la foulée du redoutable R. Aron, des historiens/économistes ou simplement des beni-oui-oui, ont tenté de nous démontrer que tout cela n'était qu'un mythe et que l'argent était en fait détenu en grande majorité par les petits épargnants de la classe moyenne. Des économistes, je vous dis : je mets en parallèle des statistiques tronquées et sans rapport entre elles, j'ouvre un tiroir, j'en verse le contenu dans un autre, un petit coup de bonneteau (oukéti, oukétipa ?), et pour finir le lapin qu'on extrait du chapeau et la pièce qu'on sort de l'oreille du gosse (tricheur, elle était dans ta manche !). Rien que de très classique. Conclusion (attendue) : les super-riches qui monopolisaient tout, c'est du délire de Bolcheviks !

Nous sommes en 1996 et j'ai lu quelque part que 5% des français détenait 60% des richesses du pays. Même si ces chiffres sont sujet à caution, ils mettent bien en évidence ce que tout un chacun commence à pressentir : de - en - de riches toujours + riches, et de + en + de pauvres toujours + pauvres.
Holà, dit l'économiste de service, son susucre toujours entre les dents : si le PNB a augmenté, certes les riches le sont encore plus, mais les pauvres, même s'ils sont plus nombreux ont aussi bénéficié de la manne. Après avoir égorgé ce cuistre, l'avoir coupé en morceaux et mis dans une malle dans une consigne de la gare Saint-Lazare ; reprenons notre exposé. Déjà, il faudrait qu'un économiste comprenne, qu'au delà du seuil de survie, la pauvreté devient une valeur relative qui génère aigreurs, si ce n'est franche haine. De surcroît, il semble bien qu'un certain nombre de pauvres (par millions ?) sont en train de dégringoler la pente à la vitesse grand V.

D'où, l'idée de révolution : les pauvres tuent les riches, se partagent leur blé et tout le monde est content. On sait bien que cela n'a jamais donné rien de bon (encore que, en fouillant bien ...). Mais quand on n'ignore pas qu'un fusil à pompe coûte 2500 F dans les supermarchés à la campagne, on peut se dire qu'un bon investissement serait peut-être à faire ...

On objectera la métaphore classique : prenez une boule pleine d'eau avec quelques impuretés qui flottent. La révolution consiste à agiter frénétiquement la dite boule pendant un certain temps. Laissez décanter : les impuretés remontent à la surface ... C'est trop souvent malheureusement vrai ... D'un autre côté, même les moutons renâclent quand il s'agit de les tondre ...

Vous avez remarqué que cet article ne répond pas du tout à la question qu'était le titre ?



C'est nul !



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