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Méchants | |
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ou pas gentils ? | ||
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Comme si la foire du
trône n'était pas assez gonflante en
soi, il faut qu'elle
réveille les sales petites haines qui font les
grandes tragédies . Je ne vais pas raconter ce
qui se passe là-bas, mais ce qui se passe ici. Mais
pour lever toute ambiguïté , je voudrais
dire que les forains sont dans une situation intenable,
puisqu'ils n'ont aucune possibilité de vivre sans
vendre des tickets à des gros beaufs
moustachus, et que l'état actuel des
mentalités dans chacun des deux camps interdit
la fraternisation , le respect mutuel et la
fusion des deux ethnies dans un seul océan
d'amour et de compassion. La justice voudrait que les
forains aient un droit imprescriptible à vivre
dans un état où ils ne soient pas
obligés de passer la lambada en boucle pour attirer
le chaland. On
assiste aujourd'hui, en Europe, et tout
particulièrement dans les banlieues cocos, à
des évènements violents, pneus de 406
crevés, refus de payer sa tournée qui
méritent toute notre attention . Evidemment
l'assimilation de tous les forains à Disneyland, et
l'assimilation de Disneyland à Pat Buchanan
relèvent d'un amalgame volontaire qui n'a rien
à voir avec la défense des gros boeufs, mais
qui a tout à voir avec l'antiforénisme. Les forains sont bien
pratiques. Ils permettent à une certaine-ultra-gauche
, à l'extrême droite et à
une frange non négligeable de la
bourgeoisie d'exprimer une haine foraine qui
constitue une vieille maladie horriblement française,
tellement enracinée qu'on est obligé de la
découvrir tous les 3 jours pour bien la distinguer.
Pour y voir clair , il convient de jouer les petits
profs et d'enfoncer les portes ouvertes, à savoir que
l'antiforénisme n'est pas un racisme comme les
autres . Le racisme anti-bougnoule, qui s'est
appelé racisme anti-raton, puis anti-tronc, puis
anti-crouille et aujourd'hui
anti-beur-de-la-trentième-génération
est un racisme provisoire (et surtout dont la
dénonciation lasse un peu). Ce qui ne retire rien au
fait qu'il est - bien évidemment - inacceptable
. Sauf pour celui qui tient la barre de fer. Mais en
l'occurrence, c'est la pauvreté qui excite la peur
et (banco !) la haine . Même chez les
pauvres. Allez comprendre. Mais bon. Dès que le
nouvel arrivant a acquis sa parabole, il devient aussi con
que ses voisins et on se contente de lui dire : " Monsieur
Abdheraman, regardez le sol quand je vous parle ! ".
Personne ne voit plus d'inconvénient à ce
qu'il ramasse les poubelles ou soit toujours souriant
lorsqu'il vend jusqu'à deux heures du matin du gros
rouge à des pochetrons bien de chez nous. Nombre de
déportés qui ont constitué la
L'antiforénisme, lui, traverse les siècles, nourrit les pamphlets , inspire les persécuteurs , donne du grain à moudre aux méchants et aux purs chevaliers blancs qui les combattent, et finit, lors du Congrès National des Vigilants Conscientisés (CNVC) par fournir une croisade à celui qui n'a pas réussi à choper un thème plus mobilisateur lors de la distribution des sujets. Et pourtant la France , depuis la Révolution française , qui leur permit de conduire leurs putain de gros camions qui se traînent sur les routes, était considéré comme le pays où il etait le plus facile de picoler au volant, au point qu'ils s'éclataient en accélérant à fond dans les descentes pour se marrer un peu.
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Ce
que tout imbécile moyen (pas vous, chers lecteurs,
bien sur) rêve d'être et d'avoir. Il est bien
évident que les hommes sont tous frères
, et que si le forain à une bite assez maousse
pour faire crier une vache, c'est qu'il l'a bien
mérité. Mais faudrait pas croire que pour
autant le forain est meilleur. Ah ben non alors ! Etre
philoforain ou antiforain est une seule et même chose.
C'est dans les deux cas considérer que le forain est
irrémédiablement autre , ce qui
relève du fantasme, sauf dans le cas particulier de
la vache qui, elle, est bien contente. Nous sommes tous des
hommes (je le répète, le cas de la
vache est un peu particulier), et nous nous valons et aimons
tous, sauf le connard qui raye systématiquement ma
bagnole tous les soirs avec sa clef. Même le raciste
ordinaire admet que l'Africain de troisième
génération a le droit de sortir dans la rue
après 19 heures, d'autant qu'il a vraiment le rythme
dans la peau et que ce serait bien dommage sinon. Mais pour
l'antiforain, le forain reste quand même pas tout
à fait comme nous' aut '. Et dans-sa-tête
, cet autre absolu est paré de défauts
très ambivalents , qui peuvent être
considérés comme des trucs 'acht' cools, j'ai
déjà parlé de la bite, mais la femme
tronc, c'est pas mal non plus. Et on en arrive au morceau de
bravoure que j'ai recopié dans les actes du colloque
contre le racisme de la 6ème 12 de Tremblay-Manhen.
Alors voilà suivez-moi bien, c'est facile comme tout
et ça marche à tous les coups : Le racisme
ordinaire hait celui qu'il ne veut pas être
(l'immigré qui fait les 3 huit pendant que les bons
français lisent l'Equipe), tandis que que
l'antiforain hait celui qu'il voudrait être. Pas mal,
non ?
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